18 juin 1940

Junkers Ju 88 A-1 (WNr. ? - code ?)
Plouguerneau, " Leuré Lann ar Floc'h " (29)

(contributeurs : Nadège Anturo, Danièle Le Droff, Philippe Dufrasne)

Equipage (Stab III./LG 1)

- Oblt Kurt SODEMANN (pilote), blessé.
 - Maj. Dr. Carl CRANZ, blessé.

- Gefr. RESCHKE, capturé puis libéré.
- Gefr. Rudi SCHEIDIES, capturé puis libéré.

L'HISTOIRE

Le 18 juin 1940, 3 appareils allemands effectuaient une mission sur les bateaux du port de Brest. Le Junkers Ju 88 A-1 de la Stab III./ LG 1 fut abattu par la DCA. L'équipage, qui tenta de se cacher, fut fait prisonnier avec une certaine rudesse, ce qui entraina plus tard la condamnation de Jean-Marie Kérandel et de Jean Balcon. Seul Jean-Marie Kérandel sera exécuté au Fort de Bouguen le 28 juin 1940. Il fut le premier fusillé du Finistère. Jean Balcon sera, quant à lui, déporté.
Le 27 juin 1940, alors qu'il est le vicaire de la paroisse Saint-Louis à Brest, l'aumônier Jules Marie Joseph Pouchard, de Bais, fut informé par un aumônier allemand qu'un homme de Plouguerneau allait être fusillé. Le lendemain matin, il donna la communion en viatique à Jean Marie Kérandel qui sera le premier civil fusillé du Finistère.

TEMOIGNAGE

♦ Danièle Le Droff, fille de Georges Le Droff (qui fut pilote FAFL) - Juin 2014
" Mon père était de Lannilis, et il me racontait qu'un avion allemand était tombé, à Plouguerneau, je crois, et que bien que tout jeune à l'époque [il avait 17 ans], il s'était interposé car 
un certain nombre de gens voulaient lyncher le pilote. Je ne sais pas ce que ce dernier est devenu, mais j'ai retrouvé une photo de mon père sur la carlingue de l'avion orné de la swastika. J'ai retrouvé aussi la photo d'identité d'un aviateur allemand ".


Georges Le Droff, à 17 ans, pose fièrement sur la queue du Junkers Ju 88 abattu à Plouguerneau.
Photo famille Le Droff

 


Photo d'un des membres de l'équipage, visiblement un Gefreiter donc soit le Gefreiter Reschke, soit le Gefreiter Scheidies.
Photo famille Le Droff

LA TRISTE HISTOIRE DE JEAN-MARIE KERANDEL

♦ Extrait non modifié du site du Dictionnaire Biographique Le Maitron (lien vers le site)
(selon
Creative Commons Attribution – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-SA 4.0). 

" Né le 3 juin 1883 à Ploudalmezeau (Finistère), fusillé le 28 juin 1940 à Brest (Finistère) ; cultivateur ; résistant, premier Finistérien fusillé par les Allemands.

Fils de François Marie Kerandel et de Marie Philomène Menguy, Jean-Marie Kérandel, cultivateur comme ses parents était marié et père de huit enfants. Il était domicilié au lieu-dit Saint-Quénan à Plouguerneau, commune de la côte des Abers, dans le Nord Finistère.
Le 18 juin 1940, un avion allemand de type Junker 88 fut abattu aux alentours de Plouguerneau. Cet événement insolite attira une foule nombreuse sur le lieu de l’accident (dont Kérandel). Si trois aviateurs allemands furent facilement capturés, les esprits s’échauffèrent quand un couteau fut découvert sur un quatrième Allemand. Ce dernier fut malmené, sans pour autant être molesté. L’armistice du 22 juin entraîna la libération des pilotes, puis la recherche des agresseurs. Le jour même, Jean-Marie Kérandel fut arrêté par la Wehmarcht en compagnie de Jean Balcon. Ils subirent six jours d’interrogatoire au bout desquels la culpabilité de Jean-Marie Kérandel ne fut pas prouvée de façon satisfaisante, un des membres de l’équipage allemand disant que l’agresseur avait une cicatrice sur la main gauche, ce qui n’était pas le cas de l’inculpé. Il connaissait le coupable des maltraitances mais ne le dénonça pas.
Conduit à la prison de Pontaniou à Brest, il fut quand même condamné à mort par un conseil de guerre le 27 juin et fusillé le 28 juin 1940, devenant ainsi le premier d’une longue liste de suppliciés.

Reconnu Mort pour la France, il obtint le titre d’Interné résistant (DIR). Il a été décoré de la médaille de la Résistance le 8 septembre 1961, parution au Journal officiel le 22 septembre 1961.
Sur le monument aux morts (1939-1945) de Plouguerneau, il est honoré par son buste en bas-relief regardant vers son domicile de Saint-Quénan.
Les noms gravés des victimes sont: Jean-Marie Kérandel , François Léon , Jacques Normand, Gabriel Le Roy , Jean Sanquer

Jean Balcon (né le 23 mai 1905 à Plouguerneau) déporté le 4 septembre 1940 et emprisonné à Siegburg et Hameln fut libéré le 7 avril 1945. "

 

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