28 août 1941

Hawker HURRICANE Mk IIc - BD857 (code HP-P )
Près du Fort de Lanvéoc (29)

(contributeurs : Claude Archambault, Frédéric Hénoff, Vincent Sevellec, Philippe Dufrasne)

Pilote :

photo "The Weekly News", 17 septembre 1941 (voir annexes)
Sergeant Stanley Oldfield John MURPHY, RNZAF (matricule 40860), prisonnier.
Stalag Luft VI, POW 9527

247 sqn raf
No. 247 (China-British) Squadron (RAF)

L'HISTOIRE
Stanley Oldfield John MURPHY participa à une mission d'attaque sur l'aérodrome de Morlaix (29) et fit un atterrissage forcé après avoir touché des arbres. On en apprend un peu plus ci-après dans le paragraphe " Stanley Oldfield John MURPHY ". Ci-dessous deux photos du Hurricane posé en rase campagne.




Photos source inconnue

Stanley Oldfield John "Spud" MURPHY

Stanley « Stan » Murphy naît le 16 février 1922 à Bolton, dans le Lancashire, en Angleterre. Quelques mois plus tard, en octobre 1922, il émigre en Nouvelle-Zélande avec ses parents, James et Beatrice Murphy, et son frère aîné Frank. La famille arrive à Auckland après un voyage en troisième classe au départ de Southampton. Stan grandit à Wellington, où il poursuit ses études jusqu’à l’obtention de son diplôme universitaire en 1939.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en Europe, Stanley fait partie des premiers Néo-Zélandais à s’engager dans la Royal New Zealand Air Force (RNZAF) en mars 1940. Il est envoyé en formation à la base de Wigram. En juin 1941, il sert au sein du No. 247 Squadron RAF, stationné à Predannack, en Cornouailles. L’unité, équipée de chasseurs Hurricane, effectue des interceptions nocturnes de bombardiers allemands ainsi que des missions offensives dites « intruder » contre des aérodromes de la Luftwaffe dans le nord de la France occupée.

Le 28 août 1941, Stanley participe à une opération baptisée « Mandolin V », visant l’aérodrome de Morlaix. Il pilote un Hurricane Mk IIc. Les quatre appareils étaient :

• S/L O’Brian, Red 1, BD859
• Sgt Murphy, Red 2, BD857
• F/L Carver, Blue 1, Z3089
• Sgt McClelland, Blue 2, Z3088

Ils décollent à 20 h 00 et atteignent la côte française quarante minutes plus tard. Volant à très basse altitude, ils attaquent l’aérodrome par l’ouest. Le commandant d’escadrille ouvre le feu sur un hangar, déclenchant une intense riposte de la défense antiaérienne allemande. Stan est aperçu en train de piquer vers la droite pour mitrailler des positions au sol. Peu après, son avion semble « glisser », probablement endommagé. Il ne revient pas à la base. En réalité, après avoir heurté des arbres, il est contraint d’atterrir en catastrophe près de Morlaix.

Seul en territoire occupé, Stan tente pendant trois jours de gagner le sud. Affamé et épuisé, il finit par rencontrer des fermiers à Saint-Thégonnec, qui l’accueillent et lui offrent de la soupe. Cependant, par crainte de représailles allemandes — deux femmes ayant récemment été arrêtées pour avoir aidé des aviateurs alliés — les autorités locales préviennent l’occupant et Stanley est arrêté par un soldat allemand armé d’un pistolet. Il est capturé le 1er septembre 1941.

Après un passage au quartier général de la Luftwaffe à Morlaix, il est probablement interné dans un centre de transit Dulag Luft, puis transféré au Stalag Luft I, à Barth, en Allemagne. En 1942, il est déplacé au Stalag 357 (XXA), d’abord situé à Thorn, en Pologne, puis transféré en 1944 à Fallingbostel, en Allemagne. Stanley passe ainsi près de quatre années en captivité. Le 16 avril 1945, les troupes britanniques libèrent le camp. Stanley figure parmi les premiers Néo-Zélandais rapatriés au Royaume-Uni. Il apparaît peu après comme témoin au mariage de son frère à Windsor, le 28 avril 1945, avant de retourner en Nouvelle-Zélande. Démobilisé le 7 janvier 1946, il servira encore dans la Réserve de 1950 à 1954.

ANNEXES

♦ Extrait du document AIR-27-1487-21 (Operational Record Book no 247 Squadron RAF) pour la date du 28 août 1941.
   
(source documents  : The National Archives)

Ce document est de qualité moyenne et pas facile à lire mais on y lit ceci :
Quatre avions décollent de Predannack à 20:00 heures pour mener une attaque à basse altitude sur l'aérodrome de Morlaix, dans le nord-ouest de la France occupée. La Manche est franchie à quinze mètres d'altitude et le regroupement a lieu à l'ouest de l'île Batz, permettant aux deux sections de rejoindre l'attaque par le nord-ouest. L'aérodrome est repéré, notamment ce qui semble être un éclairage d'atterrissage, et tous les quatre ouvrons le feu. À ce moment, aucun Allemand ne réagit puis l'air est saturé de tirs de DCA, en grande partie traçants. Tout est terminé en quelques secondes et le retour se fait dans l'obscurité. Le commandant et le sergent McClelland rentrent ensemble, le lieutenant Carver seul. On n'entend plus parler du sergent Murphy. Nous sommes tous convaincus qu'il faut plus d'un aérodrome rempli d'Allemands pour perdre notre vieux « Spud », et nous attendons avec impatience de ses nouvelles. « Spud », un Néo-Zélandais, était avec nous depuis de nombreux mois et s'est révélé un pilote exceptionnel et un sous-officier de première classe, ayant été recommandé pour une promotion et étant l'un des membres les plus forts et les plus courageux de l'escadron. Sa disparition est plus vivement ressentie que celle de n'importe quel autre membre de l'unité avant lui, en particulier parmi les sergents. Nous sommes certains qu'il a donné le meilleur de lui-même tant qu'il le pouvait et, très probablement, qu'il a atterri sain et sauf. "   


pages 7 et 8 du document AIR-27-1487-21
 (source documents  : The National Archives)

♦ Extrait du document AIR-27-1487-22 (Operational Record Book no 247 Squadron RAF) pour la date du 28 août 1941.
   
(source documents  : The National Archives)

Ce document, également de qualité moyenne, nous révèle que MURPHY effectua un vol d'essai ("Air test") de 19h20 à 19h30 avant de redécoller à 20h05 pour la mission pour Morlaix dont il n'est pas revenu ("Failed to return").


page 14 du document AIR-27-1487-22
 (source documents  : The National Archives)

♦ The Weekly News, 17 septembre 1941.
Ce journal recense les soldats et aviateurs Néo-Zélandais disparus au combat parmi lesquels le Sergeant MURPHY (flèche rouge). 

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