4 août 1944

Lockheed P-38J-15-LO Lightning (s/n 42-104186 code 8L-?)

Saint-Martin du Fouilloux (49)
(contributeurs : Gérard Cerizier, Philippe Dufrasne, France-Crashes 39-45)

Lockheed p 38j lightning
Lockheed P-38J Lightning - Photo USAF (domaine public)

Pilote :


2nd Lt Walter Scott PYRON (matricule O-758062) - 367th FG, 393th FS (tué)
Né le 28 novembre 1923 à Greenville, Hunt County, Texas (USA). Fils de Mrs W.A. Stumpp.
Enterré à Fort Sam Houston National Cemetery, San Antonio, Bexar County, Texas (USA), Section J, Site 52

Remerciements : nous remercions vivement Gérard Cerizier pour nous avoir mis à disposition ses archives, fruit d'un long travail de recherche et de commémoration mené par celui-ci pendant de nombreuses années.

L'HISTOIRE
Walter Scott PYRON est né à Greenville, au Texas. Il grandit à Dallas et obtient son dîplome de l'École agricole du Nord du Texas à Arlington en 1943, après avoir été diplômé du lycée Woodrow Wilson. Il effectue son recensement militaire le 30 juin 1942 à Dallas. 8 mois après être entré dans l'Air Force, il obtient son brevet de pilote le 3 février 1943 à Williams Field en Arizona (USA). Il rejoint le 393rd Fighter Squadron en avrill 1944. Après la percée de Saint-Lô et d'Avranches en Normandie fin juillet, la IXth Air Force, et en particulier la 9th Tactical Air Force, est engagée dans une vaste action de soutien à l'armée Patton, via des missions de reconnaissance et d'attaque sur les arrières ennemis. Les P-38 Lightning du 367th FG - 393th FS rejoignent me 27 juillet 1944 les P-47 Thunderbolt sur le terrain avancé A-14 à Cretteville, dans la Manche. C'est de ce terrain que PYRON décolle à 11 heures, le 4 août pour une mission de bombardement d'un dépôt de carburant à Angers (49). 15 avions participent au départ à cette mission mais deux retournent au terrain suite à des problèmes mécaniques. C'est la vingt-septième mission de Walter Pyron. Le trajet s'effectue à 10 000 pieds (3 000 mètres) et le bombardement à 3 000 pieds (1 000 mètres) par un piqué à 60°. Il n'y a pas d'opposition allemande. Puis chaque patrouille passe à la 2e partie de la mission, à savoir des attaques sur le trafic routier. La patrouille Blue dans laquelle se trouve Pyron, attaque une voiture sur la nationale 23 Angers-Nantes au niveau de Saint-Martin du Fouilloux. Il détruise le véhicule mais son conducteur, un agent de la poste, s'en tire miraculeusement. Malheureusement, lors de l'attaque en rase-mottes, Pyron accroche un arbre au hameau L'Oliveraie (actuel emplacement du terrain de sport) puis percute un gros chêne 100 mètres plus loin. L'avion se disloque et brûle, Pyron est éjecté et tué ; il avait 21 ans. Le fuselage termine sa course contre un talus, situé sur l'actuel terrain de football de la commune. Il volait en position n°2 de la section Blue menée par le Lt Buchanan. Son crash fut observé par le 2nd Lt Milton D. Grosse. Pyron fut décoré de l'Air Medal avec 3 feuilles de chêne.  


Le P-38 de Walter Pyron est tombé le long de la nationale 23, à proximité du lieu-dit l'Oliveraie (flèche)
Source photo : © IGN " Phototèque Nationale " - 1950-1965

A l'issue de l'attaque, des habitants de Saint-Martin du Fouilloux, témoins du crash, se précipitèrent sur le lieu du drame et enveloppèrent le corps du pilote dans son parachute, puis le déposèrent dans une annexe de la mairie. Il fut ensuite inhumé dans le cimetière communal. Pour payer les frais de sépulture, une souscription fut lancée : 12 habitants de la commune contribuèrent et 910 frances furent collectés. L'abbé Pasquier offrit l'office religieux. Finalement les frais se montèrent à 570 francs (voir annexes). L'armée américaine releva la dépouille le 29 avril 1945 puis le transféra, sur demande de la famille, au cimetière national de Fort Sam Houston à San Antonio, au Texas. 

TEMOIGNAGES ET HOMMAGE

Témoignage du 2nd Lt Milton D. GROSSE
   (source MACR 7792 - voir annexes)

" J’occupais la position n°3 dans la formation Blue. Le lieutenant Buchanan était le leader, avec le lieutenant Pyron en position n°2. Il s’agissait d’une formation en V en raison de l’abandon du n°2 initial.
Après avoir terminé le bombardement de la cible, nous nous sommes dirigés au sud d’Angers pour une mission de reconnaissance armée. Un convoi de véhicules ennemis a été repéré sur la route en dessous de nous, et le chef d’escadrille nous a ordonné de descendre pour mitrailler. Lors d’un passage sur l’un des véhicules, qui semblait être une voiture blindée, nous l’avons forcé à s’arrêter. Comme il ne s’est pas enflammé lors du premier passage, le leader Blue en a effectué un autre. Cette fois, j’ai vu le leader abattre les deux occupants de la voiture alors qu’ils couraient se mettre à couvert. Le n°2, le lieutenant Pyron, a incendié le véhicule avec une longue rafale continue. Bien que son piqué n’ait été que d’environ 15°, il est descendu très bas avant la ressource et a “décroché” en heurtant le sol. À l’impact, l’avion a immédiatement pris feu en dispersant des débris en flammes partout. Je n’ai vu aucun signe de vie lorsque je suis passé."

Dans son témoignage, le 2nd Lt GROSSE dessina un croquis pour indiquer l'endroit de la chute de l'avion de PYRON.

Témoignage de M. ROYNARD.
   (interview réalisé par Gérard Cerizier le samedi 17 mai 1986 à " La Perrodière ", Saint-Martin-du-Fouilloux)

En 1944,  fin juillet ou début août, des P-38 en groupe (nombre indéterminé, 3 ou 4) en provenance de la direction de Saint-Georges-sur-Loire vers Angers, le long de la nationale, accrochent entre 11h et 12h un convoi allemand au lieu dit " l'Oliveraie ". Un Lightning, au cours d'une passe, accroche un poirier. Déséquilibré par le fait du choc et de sa vitesse, il trouve alors sur sa trajectoire, à environ une cinquantaine de mètres, un arbre dont il sectionne une grosse branche. De ce second choc, il percute cent mètres plus loin une souche importante, tout ceci à une hauteur constante. Lors de cet impact, les deux moteurs se détachent, partant dans deux directions opposées. Le restant de l'avion traverse alors une haie puis une route menant à Saint-Martin, à nouveau une haie après laquelle est retrouvé le corps du pilote. Il termine sa course environ 150 mètres plus loin dans une butte de terre où il s'enflamme.

L'ensemble de cette glissade doit approcher les cinq cent mètres à environ vingt cinq mètres de la nationale et perpendiculairement à celle-ci, semant sur son passage de nombreux débris. Le pilote (Walter Piron de nationalité Canadienne [on sait aujourd'hui qu'il s'agit de Walter Pyron, américain]), fut relevé par la commune et enterré dans le cimetière du village. Puis le corps fut rapatrié.

Dans cette même journée, il y eut, par le fait de l'aviation alliée, dix-huit camions allemands détruits entre Ingrandes et Angers. Les Allemands en fuite, dont de nombreux Russes sous commandement allemand en provenance du Cotentin, ne s'intéressèrent pas à cette épave. Sept ou huit d'entre-eux, sous la direction d'un caporal, s'arrêtèrent pour manger chez Monsieur Roynard qu'ils payèrent pour la nourriture consommée. Ils dormirent sur place et repartirent le lendemain matin vers huit heures. Lors de leur départ de Serrant ils firent sauter les lignes téléphoniques. Lors du bombardement du pont de l'Aleu durant quinze jours, les avions alliés faisaient leur demi-tour au-dessus de Saint-Martin, larguant assez souvent leurs réservoirs supplémentaires d'essence dans les parages de la commune. Il y eu aussi deux ou trois bombes qui tombèrent à mille cinq cent mètres du village.

Témoignage de M. Roger MENIS.
   (interview réalisé par Gérard Cerizier le samedi 7 juin 1986 à Saint-Martin-du-Fouilloux)

M. Roger Menis travaille avec son père charron dans l'atelier familial lorsque, sur la nationale Angers-Nantes, une voiture des PTT est prise à partie par des chasseurs alliés (3 ou 4). Le conducteur n'aura la vie sauve qu'en se cachant rapidement à l'intérieur d'une grosse canalisation passant sous la route. Son siège sera retrouvé transpercé par plusieurs obus. Tout près des lieux de cet accrochage une chèvre paissant tranquillement sur le talus sera tuée. L'importance du feu et le bruit si imposant terrorise Mme Menis qui rejoint son époux et son fils, ce dernier devant même la soutenir. Des flammes bleues, longues de 2 à 3 mètres, sortaient du nez des avions lorsque tout à coup retentit un bruit de chute. Un des P-38 venait d'accrocher un cormier au lieu-dit " l'Oliveraie ".

Cet arbre fut décapité dans le choc alors que sa hauteur n'excédait pas 6 mètres. Le récit du parcours au sol correspond exactement à celui de Monsieur Roynard si ce n'est qu'en début de course, il sectionna aussi un poteau téléphonique, le choc avec le grand chêne le faisant obliquer vers la route pour finir le nez dans le talus et la souche d'une haie qui séparait en deux l'actuel terrain de sport, à environ une cinquantaine de mètres de la nationale.

M. Roger Menis  partit donc, précédé du maire M. Henri Pelourdeau, du Docteur Demellier et de son père vers les lieux de l'accident. Longeant une haie pour rester dissimulés des vues de la route, ils aperçurent l'épave qui commençait à brûler et au milieu du champ une masse qu'ils reconnurent comme étant celle du pilote. Attendant un peu pour vérifier le calme autour, ils virent les autres chasseurs cercler autour de l'épave et du corps de leur camarade puis repartir. En s'approchant, ils constatèrent que si le corps était brisé, le crâne avait été enfoncé et ne correspondait plus qu'à la moitié d'une taille normale, la tête ayant dû porter en premier. Il était habillé de kaki et chaussé de souliers neufs. Son parachute était de bandes jaunes et blanches.

Le corps fut transporté sous un chêne, qui existe toujours, puis, dans le courant de la journée, transféré à Saint-Martin dans un local jouxtant la mairie. Mrs Menis père et fils construisirent le cercueil puis procédèrent au creusement de la tombe. Le 5 août cette dernière n'était pas encore prête lorsque le cortège arriva au cimetière, Mr Menis Roger étant encore au fond de la fosse pour terminer le terrassement. Il faut témoigner ici du geste d'un ancien de 14-18, détenteur de la médaille militaire (M. Cossard habitant la commune proche de Savennières) qui épingla sa distinction sur le drap mortuaire, hommage de l'ancien au sacrifice du cadet. Le corps de l'aviateur fut enveloppé dans son parachute avant la mise en bière. Dans l'après-midi du 4 août, un officier allemand vint voir le corps et après un " kaput " repartit sans autre commentaire.

Carte postale écrite le 7 août 1944 à l'attention d'une certaine "Christiane".
   (source : archives Gérard Cerizier)

" Saint-Martin [du-Fouilloux], le 7 août 1944.
Ma chère Christiane,

Quelques mots pour te donner de mes nouvelles qui sont bonnes et te raconter les nouvelles du pays. Vendredi dernier nous avons eu un moment tragique. 3 avions Anglais ont mitraillé des camions sur la route entre autres un camion de la poste qui est hors d’usage et est resté à l’Oliveraie. Un avion anglais est tombé au coin de la route de Saint-Martin. C’est épouvantable le dégât fait par cet avion avant qu’il ne tombe à terre. Il a commencé par mitrailler le camion de la poste puis ensuite n’a pas pu reprendre son vol. Il a coupé un gros cormier, un poteau téléphonique, puis traversé une haie, puis coupé une souche, traversé une autre haie, couper un autre poteau. En résumé, il a traversé 4 champs avant de tomber. C’est incroyable de voir tous ces morceaux d’avion qui traînent de tous les côtés.


 

Hommage du Group Commander Edwin S. CHIKERING le 30 juillet 1988 à Dayton, Ohio
   (voir  document en annexe)

Vendredi  août 1944
" Sur une base aérienne avancée [A 14] à Cretteville, un village normand situé entre St. Mère Église et Carentan, les pilotes se préparaient pour une nouvelle mission. Il s'agissait du 393rd Fighter Squadron du 367th Fighter Group, équipé des célèbres " deux queues ", autrement appelés les P-38 " Lightning ", à tort attribués au soutien des troupes canadiennes. Il est nécessaire de mentionner que c'était la première base du 393rd depuis son arrivée en Normandie depuis Ibsley, en Grande-Bretagne. [Le groupe et le 394th étaient à A-6 Beuzeville et le 392nd était à A-10 Carentan à cette époque.]

La mission, dirigée par le Major Carroll H. Joy, avait pour priorité de bombarder un dépôt de carburant motorisé d'une unité de reconnaissance de l'armée allemande près d'Angers. Quinze avions avaient été désignés, la majorité volant en groupes de quatre, qui devaient ensuite se séparer pour choisir individuellement les cibles dans la région d'Angers. À 11h00, ils se sont rassemblés et ont décollé en direction d'Angers. Certains d'entre eux avaient des bombes équipées de fusées à retardement de 8 à 10 secondes, les autres, assurant leur protection, n'avaient que leurs armes conventionnelles : un canon Hispano de 20 mm avec 150 obus et quatre mitrailleuses Browning MC 53 de calibre 50 avec 500 cartouches chacune.

Au cours du vol, le lieutenant Awtrey, à mi-chemin de la mission, a eu un problème avec l'un de ses moteurs. Peu après, l'arbre du générateur de l'avion du lieutenant Evans a provoqué une panne électrique. Il ne restait donc plus que 13 avions de chasse du Squadron pour continuer vers leur objectif à Angers. Quittant les 10 000 pieds, ils ont largué leurs bombes à un angle efficace de 60° et depuis une altitude de 3 000 pieds, sans réaction ennemie. La visibilité ce matin-là était estimée à 6 - 8 miles. [Non mentionné dans l'histoire, le lieutenant Northrop s'est écrasé et a été tué au décollage.]

La première partie de leur mission terminée, les chasseurs ont recherché des objets militaires à basse altitude pour des mitraillages. La libération d'Angers était proche et il était approprié d'interdire le mouvement du trafic ennemi sur le sol, les rivières et les voies ferrées, permettant ainsi la retraite de l'armée allemande. À Saint- Martin-du-Fouilloux : M. Roynard se préparait à battre le blé près de la route principale tandis que M. Roger Menis travaillait avec son père dans l'atelier de réparation de charrues familial, lorsqu'une voiture des PTT (Poste, Téléphone et Télégraphe) se dirigeait vers l'est sur la route entre Angers et Nantes, quittant la route à cause des chasseurs alliés. Le facteur n'aurait pas pu sauver sa vie s'il ne s'était pas rapidement caché à l'intérieur d'un grand conduit de canal passant sous la route. Le siège de son camion a été retrouvé plus tard percé de plusieurs balles. Tout près de cet endroit, une chèvre paissant tranquillement près de son pieu sur la pente a été tuée.

Le feu et le bruit, conséquence de l'attaque, ont terrifié Mme Menis qui a rejoint son mari et leur fils, ce dernier se plaçant devant pour les protéger. Les flammes bleues, longues de plus de 2 à 3 mètres, sortaient du nez des avions lorsque, soudain, le bruit d'un crash a retenti. L'un des P-38 s'était écrasé à un coin d'un endroit appelé " L'Oliveraie ". La perte de contrôle du pilote a causé l'accident et, à cette vitesse et dans la direction du vol, il a heurté une grosse branche d'arbre environ 50 mètres plus loin. Lors du deuxième impact, 10 mètres plus loin, il a heurté un grand chêne qui est resté droit. En raison de l'impact, l'un des moteurs s'est détaché tandis que le reste de l'avion a dévié sa trajectoire et évita ainsi de heurter les premières maisons du village. Le reste de l'avion a traversé une haie dans une direction qui menaçait Saint-Martin, passant par-dessus une autre haie pour s'arrêter sur une pente à une souche, sur l'actuel terrain de sport, à 50 mètres de la route.

Par la suite, de nombreux débris brûlaient encore le long du chemin de la zone de glissade, sur une longueur de 500 mètres. M. Roynard est arrivé en courant, croyant que le feu venait de sa maison. M. Roger Menis est parti avec lui, précédant le maire, M. Henri Pelourdeau, le Dr Demellier et son père vers le lieu de l'accident. En bordure d'une haie, utilisée pour cacher la vue de la route, ils ont vu l'épave qui avait commencé à brûler et, au milieu du champ, ils ont vu ce qu'ils croyaient être le pilote. Les autres chasseurs sont restés un moment dans les environs, toujours calmes, tournant au-dessus de leur camarade, avant de partir. En s'approchant du corps, ils ont découvert que le pilote avait été tué sur le coup. Le corps a été retiré du site en premier. Il était vêtu d'une chemise et d'un pantalon kaki et ses chaussures étaient de pointure 9. Son parachute était en bandes marron et blanches. Le corps a été transporté près d'un vieux chêne et peu après transféré dans un cimetière à Saint-Martin par un employé de la mairie.

Le pilote, le 2nd Lieutenant Walter S. Pyron, a été enveloppé dans son parachute avant d'être placé dans un cercueil. L'avion, un P-38J-15, portait le numéro de série 42-104186. Le retour à la base s'est fait sans incident et ils ont atterri à Cretteville à 13h10. Afin d'effacer les effets de cette mission, plusieurs pilotes ont parlé de l'accident et du pilote perdu. Le 9 août, le 393rd Fighter Squadron comptait 50 officiers et 276 hommes de troupe. Dans l'après-midi du 4 août, un officier allemand est venu et, trouvant le pilote mort, est reparti sans faire de commentaire. Le père et le fils de Mme Menis ont construit le cercueil, puis ont creusé une tombe. La tombe n'était pas prête le 5 août lorsque le cortège funèbre est arrivé au cimetière. M. Roger Menis est allé au-devant, à la tombe, pour terminer de la creuser. Cet acte a mis fin à cette journée, avec un geste d'un ancien de la Première Guerre mondiale. Titulaire de la Médaille Militaire, M. Cossard, qui vivait dans la commune voisine de Savennières, plaça sa médaille sur le drapeau recouvrant le cercueil, un hommage de l'ancien au sacrifice d'un cadet. 

Aujourd'hui, nous connaissons la date exacte du crash et de la mort de S. Walter D. Piron (4 août 1944) grâce à l'extrait de décès retrouvé dans les archives de l'église ainsi que celle du relèvement du corps par les autorités militaires, cette dernière coïncidant avec la sépulture d'une habitante de Saint Martin (29 avril 1945). Les américains (aux dires des témoins) au nombre de six, parlant très bien le français, se sont occupés des travaux de terrassement et malgré l'apport de leur propre cercueil aurait conservé celui construit un an plus tôt par Mr Menis et son père. Plus tard, une enquête fut menée par le gardien du cimetière de Saint-James et le Département de la Manche pour confirmer que le corps de Walter S. Pyron ne reposait pas dans un cimetière militaire en Europe. Le pilote était marié et nous supposons que sa femme a voulu que son corps soit rapatrié aux États-Unis ". 

DES PIECES RETROUVEES 42 ANS PLUS TARD

En 1986, Gérard Cerizier, qui mena une longue enquête au sujet de ce crash, retrouva (en mai) diverses pièces du P-38 parmi lesquelles une pale d'hélice et le radiateur (avec sa plaque d'immatriculation).


Photo collection Gérard Cerizier


Photo collection Gérard Cerizier


Photo collection Gérard Cerizier


Photo collection Gérard Cerizier



Photo collection Gérard Cerizier

COMMEMORATIONS

Exposition hommage - Août 1987 à Saint-Martin-du-Fouilloux
A l'initiative de Gérard Cerizier et de la mairie, une exposition des pièces de l'avion retrouvées en 1986 fut organisée salle des Genêts. Gérard Cerizier était présent pour raconter aux visiteurs l'histoire tragique de Walster S. Pyron.


Photo collection Gétad Cerizier


Photo collection Gétad Cerizier


Photo collection Gétad Cerizier


Photo collection Gétad Cerizier


Photo collection Gétad Cerizier


Photo collection Gétad Cerizier


Photo collection Gétad Cerizier

IN MEMORIAM

Tombe du 2nd Lt Walter Scott PYRON au cimetière national de Fort Sam Houston à San Antonio, Texas (USA)

 
Photo 2009-2026 CynC on Find A Grave. Used with permission.

Certificat d'inhumation de Walter S. Pyron.
(source : archives diocésaines d'Angers - Diocèse d'Angers)

Ce document, établi par l'abbé Pasquier, atteste de l'inhumation de Walter Pyron le 5 août 1944 au cimetière de Saint-Martin-du-Fouilloux.

Documents d'archives relatifs à la sépulture de Walter S. Pyron.
(source : archives Gérard Cerizier)

Ces documents révèlent le coût de la sépulture (570 francs) et la somme d'argent collectée (910 francs) via une souscription lancée auprès des habitants de Saint-Martin-du-Fouilloux. L'inhumation eut lieu le 5 août dans le cimetière communal et la cérémonie fut menée par m'abbé Pasquier.

   

Liste des pilotes du 367th Fighter Group enterrés aux Etats-Unis.
(source : archives Gérard Cerizier)

Le 2nd Lt Pyron figure dans la liste au cimetière Fort Sam Houston de San-Antonio, au Texas.

HOMMAGE AU 367th FIGHTER GROUP

Dayton, Ohio, 30 juillet 1988.
Un hommage dut rendu au musée de l'Air Force par Edwin S. Chickering, qui fut Group Commander de novembre 1944 à septembre 1955. On y apprend l'historique du Fighter Group auquel appartenait Walter Pyron mais également nous apprenons en détail les circonstances du crash du Lt Pyron.

(document en annexe)

[...] Le 367th Fighter Group a été activé à Hamilton Field, en Californie, le 15 juillet 1943. Durant l’été et l’automne, l’effectif du groupe a progressivement augmenté et des avions P-39 Airacobra sont arrivés. En décembre, les trois Squadrons - les 392nd, 393rd et 394th - ont été répartis sur trois terrains différents dans la région de la baie de San Francisco. L’entraînement au bombardement en piqué et au tir a été effectué à Tonopah, dans le Nevada. En janvier 1944, le 367th FG a été renforcé par du personnel provenant des 328th et 369th FG. Le lieutenant-colonel Charles M. Young, ancien commandant du 369th, est devenu commandant du 367th Fighter Group.

L’entraînement s’est poursuivi jusqu’en février, moment où toutes les inspections pour un déploiement outre-mer ont été achevées et où le groupe a été déclaré prêt à partir en zone de combat. Cet entraînement a été coûteux : huit pilotes ont été tués à bord des P-39.

Le voyage du groupe vers le théâtre européen a commencé avec son embarquement dans un train à Oakland, Californie, le 8 mars 1944. Après un trajet de six jours à travers le pays, une semaine d’inspections finales et d’entraînement au Camp Shanks, dans l’État de New York, a précédé l’embarquement à bord du paquebot britannique Dutchess of Bedford dans le port de New York. Le navire fut rapidement surnommé la « Duchesse ivre » par ses passagers durant les 11 jours de traversée en convoi de l’Atlantique Nord.

La Dutchess a accosté à Greenock, en Écosse, le 3 avril, et le groupe a été transporté par train vers son terrain d'aviation à Stony Cross, en Angleterre. Ayant été formés sur des avions monomoteurs, les pilotes s'attendaient à trouver des P-51 Mustang, mais ils ont été surpris de découvrir 75 P-38 Lightning sur les aires de dispersion.

Le passage des avions monomoteurs aux bimoteurs a nécessité un réentraînement considérable. Avec esprit et enthousiasme, les 1 000 hommes du groupe se sont mis au travail et, début mai, le 367th était prêt pour le combat. Les deux premières missions de combat ont été menées avec succès et le 367th était en guerre. Les missions de chasse, d'escorte de bombardiers et de bombardement en piqué étaient à l'ordre du jour pour les unités de la Neuvième Force Aérienne. De nombreuses sorties ont été programmées et menées à bien. Les pilotes gagnaient en respect et en confiance envers le P-38. Les efforts prodigieux des équipes au sol et du personnel de soutien ont maintenu un haut niveau de préparation au combat des avions. Malheureusement, le baptême du feu au-dessus de " Festung Europa" [la Forteresse Europe] a entraîné la perte de sept pilotes.

Le Jour J, le 6 juin, est arrivé et le groupe a effectué 9 missions au cours des 3 jours suivants, maintenant une couverture aérienne basse au-dessus des troupes d'invasion. À la mi-juin, la péninsule du Cotentin avait été coupée et les forces terrestres allemandes s'étaient retirées dans un périmètre de défense autour de Cherbourg, un port majeur devenu extrêmement important pour les Alliés en raison des dégâts causés par la tempête aux installations portuaires artificielles sur les plages d'invasion. Une attaque de trois divisions a été ordonnée pour le 22 juin, précédée d'une attaque de bombardement et de mitraillage à basse altitude par 12 groupes de chasseurs de la Neuvième Force Aérienne. Le 367th devait être le dernier groupe de chasseurs à survoler cette zone fortement défendue et qui devait être suivi d'une attaque massive de bombardiers de la Neuvième Force Aérienne depuis une altitude moyenne. Les chasseurs devaient voler à basse altitude d'ouest en est à travers cette zone de 5 par 26 miles fortement défendue. Les P-38 du 367th étaient des cibles faciles. Le Major Rogers, commandant le 392nd FS, est revenu avec seulement sept avions intacts. Le Major Smith, le pilote expérimenté des Tigres Volants commandant le 393rd, a été tué. En 2 à 3 minutes après être entrés dans la zone, le 394th avait perdu cinq pilotes. La mission a été un désastre sans équivoque : sept pilotes tués au combat.

Tous les avions de retour, sauf 11, avaient subi des dégâts de combat étendus. Le 367th a été hors de combat pendant plusieurs jours. Pendant cette période de 17 jours, incluant Cherbourg, le 367th avait perdu 14 pilotes tués et un fut fait prisonnier.

La dernière semaine de juillet, l'échelon avancé du groupe a traversé la Manche sur des Liberty ships et a débarqué en France, le 392nd FS s'installant à Carentan, le 393rd à Criqueville et le 394th à Sainte-Mère-Église. La vie en Normandie était assez différente : tentes individuelles, tentes collectives, trous de renard, beaucoup de rations C et K, pistes en plaques d'acier perforé et des milliers de guêpes dans la confiture et la gelée.

Avec la percée des forces terrestres de la région de St. Lô, le soutien aérien rapproché de la Troisième Armée de Patton est devenu la priorité. Le premier grand succès du groupe a eu lieu lors d'attaques contre la Septième Armée allemande, qui, pour éviter d'être encerclée, se retirait vers l'est à travers le passage entre Falaise et Argentan. Cinq convois et 100 chars Tigre ont été détruits en une journée.

Une résurgence de l'activité de la Luftwaffe s'est produite en août, avec le 367th au cœur de la mêlée. Le 22 août, le groupe a reçu l'ordre d'attaquer simultanément trois aérodromes distincts dans la région de Laon. Le 392nd FS, dirigé par le Major Rogers, a bombardé en piqué et détruit deux hangars sur un aérodrome, mais a été attaqué par 12 FW 190 alors qu'il terminait son attaque. Le Major Rogers a appelé les autres escadrons à l'aide. Le 393rd escadron a été attaqué par 18 Me 109 et FW 190 alors qu'il se reformait après son bombardement en piqué. Le lieutenant Buchanan a abattu un appareil, mais deux Allemands ont coincé le lieutenant Awtrey et lui ont tiré sur sa verrière. Sans verrière, Awtrey a manœuvré pour échapper aux deux et a criblé l'un d'eux. Le lieutenant Stanley Johnson a signalé qu'il abandonnait son appareil, qui avait été réduit en pièces. Le parachute de Johnson a été vu s'ouvrir, mais on n'a plus jamais eu de ses nouvelles. Après avoir bombardé sa cible, le 394th FS, dirigé par le lieutenant Pieper, retourna pour aider le 392nd. Sa section a attaqué quatre Allemands, mais a été attaquée par trois autres. Un des FW 190 a tiré sur un des moteurs du lieutenant Pieper, mais a été détruit par l'ailier de Pieper, le lieutenant Lee. Le combat s'est poursuivi avec le 394th abattant six appareils supplémentaires, dont un détruit par le lieutenant Pieper volant avec un moteur en drapeau. Pendant ce temps, le 392nd s'est débrouillé seul, détruisant cinq appareils ennemis sans perte. Les victoires ont été remportées par les lieutenants Hartwig, Kines, O'Donnell, Diefendorf et Markley. Au total, le groupe avait détruit 14 appareils ennemis pour une perte.

De retour dans la région de Laon le 25 août, le 367th FG a simultanément attaqué trois aérodromes de la Luftwaffe à Clastres, Péronne et Rossiers. Les attaques de bombardement en piqué ont déclenché l'une des plus grandes batailles aériennes entre chasseurs de l'histoire des États-Unis. Elle était unique en ce sens que la plupart de l'action s'est déroulée dans une zone relativement petite et de 3 000 pieds jusqu'au niveau du sol. Quarante ans plus tard, il y a encore de nombreux témoins oculaires de cet événement dramatique qui le décrivent comme " Le jour où le ciel de l'Aisne était en feu " [voir chapitre 12 de " Quand le ciel de l'Aisne était en feu " par Jean Hallade].

Le combat a commencé lorsque le Major Gardner, commandant le 392nd FS, a indiqué par radio aux deux autres Squadrons l'emplacement de 30 FW 190 qui venaient de décoller. Il a mené sa section pour une première attaque et quatre FW 190 sont tombés simultanément. Avant que le vol de couverture ne puisse les atteindre, le Major Gardner et les trois autres membres de sa section ont été encerclés et abattus. Le capitaine Matheson, commandant le vol de couverture, a abattu deux appareils, le lieutenant Lezie en a endommagé un et en a détruit un autre. Le lieutenant Platt a abattu un autre appareil tandis que le lieutenant Tremblay a touché l'emplanture de l'aile et le cockpit d'un autre FW 190. Après avoir chassé trois 190 de la queue d'un P-38, le lieutenant Lemley a eu son moteur droit touché, mais a pu s'échapper en volant au ras des cimes d'arbres. Les lieutenants Brownlee et Cooney ont été abattus et tués au combat.

Avec les 392nd et 393rd FS rejoignant le combat, les chances étaient plus équilibrées. Le Major Griffin, commandant le 392nd, a attaqué en arrivant dans le soleil et a abattu un FW 190 et en a endommagé un autre, tout comme les lieutenants Livingston et Plotecia. Le capitaine Blumer, commandant le 393rd, avec le lieutenant Awtrey dans son aile, a détruit cinq appareils ennemis, devenant un as en une mission. Le lieutenant Pacek, lors de sa troisième mission de combat, a abattu deux appareils et les lieutenants Dobrowolski et Melvin Jones en ont détruit un chacun.

Sur les 50 appareils ennemis engagés, 25 ont été détruits, un probablement détruit et 17 endommagés. Le 367th avait perdu deux pilotes tués au combat. Quatre autres ont sauté au-dessus de la France occupée par l'ennemi. Dans l'après-midi, le 367th a détruit 16 Ju 52 lors d'une mission de mitraillage à longue portée sur des aérodromes dans la région de Dijon-Bordeaux. Pour ses réalisations du 25 août, le 367th Groupe de Chasse a reçu la " Presidential Unit Citation ", la plus haute distinction possible pour une unité de combat.

À présent, les forces alliées avançaient et il était temps pour les trois Squadrons de commencer à sauter de base en base, passant des bases de Normandie à celles du Mans ou de Saint-Quentin et, fin octobre, à Juvincourt, au nord de Reims. Nous ne pourrons jamais oublier l'accueil que les Français nous ont réservé sur ces terrains, plaçant des fleurs sur les avions et parsemant des fleurs et des légumes le long de la piste. La promenade du dimanche était un spectacle inoubliable.

Les missions de vol étaient désormais principalement des " interdictions ", c'est-à-dire des bombardements en piqué et des mitraillages de trains, de transports motorisés, de ponts, de gares de triage et de zones d'approvisionnement. Le 367th a également soutenu le largage aérien à Nimègue en escortant les C-47 et en détruisant des positions de flak. Pour ses activités de combat réussies cet automne-là, le groupe a reçu une Citation de l'Ordre du Jour de l'Armée Belge.

La Luftwaffe, opérant désormais depuis le sol allemand, a réagi vigoureusement aux attaques du 367th. Un engagement du 20 octobre est particulièrement digne de mention. Le groupe, désormais à court de P-38, a reçu l'ordre d'attaquer simultanément trois ponts ferroviaires dans la région de Düren. Le lieutenant Estabrook, commandant sept P-38 du 394th FS, a été attaqué par 16 FW190 lors de son bombardement en piqué. Trois pilotes ne sont pas revenus, trois sont revenus gravement endommagés et le lieutenant Bradford a été tué au combat. Le lieutenant Malone, commandant le 392nd FS, a été attaqué par 25 FW190 lors de son bombardement en piqué. Les lieutenants Malone et Mathisen ont évacué leurs appareils gravement endommagés et ont été faits prisonniers, tandis que le lieutenant Andrews et le très respecté commandant adjoint du groupe, le lieutenant-colonel Morris Crossen, ont été tués. Le Major Carroll Joy, commandant le 393rd FS, est retourné pour aider les autres Squadrons après avoir terminé son bombardement et a trouvé le lieutenant Bowers du 394th attaqué par sept FW190. Il en a détruit deux et le lieutenant Eldridge en a détruit un autre. Au total, le 367th avait détruit dix appareils ennemis, mais sept de nos pilotes ne sont pas revenus, trois ayant été tués au combat.

Pendant cette période, les pilotes furent décorés de la Distinguished Flying Cross et de l'Air Medal. Certains rentrèrent aux États-Unis après avoir terminé leurs tours de combat. Les pilotes n'étaient pas les seuls à recevoir des récompenses. Neuf aviateurs ont reçu la Bronze Star Medal. Le 9 novembre, le colonel Young a terminé son tour et a été remplacé par le colonel Edwin S. Chickering.

Le froid approchait et le groupe s'est installé à Juvincourt, sur une ancienne base aérienne allemande avec des installations plus permanentes. La vie s'est installée dans une routine, avec le mauvais temps, limitant certaines activités de vol et rendant ces vols dangereux. Il y avait des permissions à Reims, le club EM, des films et une bonne équipe de basket-ball.

Les missions depuis Juvincourt consistaient principalement en des chasses libres, des escortes de bombardiers, des bombardements en piqué et des mitraillages de ponts et de transports. La réaction de la Luftwaffe s'est poursuivie. Le 19 novembre, le Major Brooks a détruit trois appareils ennemis en venant en aide à un P-47 attaqué. Le capitaine Blumer en a ajouté un autre. Au total, les 393rd et 394th Fighter Squadrons ont détruit sept appareils sans aucune perte.

L'offensive allemande des Ardennes a eu lieu à l'approche des fêtes. Un déplacement prévu vers un terrain belge a été annulé. Dans la nuit du 18 décembre, une équipe du contrôle aérien avancé du 393rd FS a été envoyée à Bastogne pour assister la 101e division aéroportée.

L'équipe était composée d'un commandant de vol expérimenté, le capitaine James Parker, d'un opérateur radio, d'un chauffeur et d'une jeep équipée de radio. L'équipe a rejoint la 101e une heure avant que la dernière route menant à Bastogne ne soit coupée. Lorsque le temps s'est enfin dégagé, Parker a fait un travail superbe en dirigeant les vols d'avions de chasse qui se présentaient à lui. Bastogne a été sauvée grâce au courage et à la détermination de la 101e division aéroportée, du capitaine Parker et des pilotes de chasseurs-bombardiers de la Neuvième Force Aérienne.

Le soir de Noël, le 367th, après avoir escorté des C-47 lors d'un largage de ravitaillement à Bastogne, a mené une reconnaissance armée dans la région de Trèves. Le 394th FS a été attaqué par des FW190 et un combat aérien de 40 minutes s'en est suivi, au cours duquel Jessie DeFrance a sauté de son P-38 en feu et a été fait prisonnier, le lieutenant Baxter a été tué et les lieutenants Croker et Mygatt ont été gravement touchés mais ont pu rentrer à la base. Le groupe a revendiqué 8 destructions, 2 destructions probables et 9 endommagés. Le jour de Noël, le lieutenant Harry Curtis a été tué en mitraillant des engins semi-chenillés sur les arrières de la bataille des Ardennes.

Pendant la saison des fêtes, les hommes de troupe ont accueilli et diverti 50 enfants orphelins français, leur offrant des bonbons et de petits cadeaux. Tout au long de nos déplacements en France, les officiers et les hommes ont continuellement aidé au bien-être des citoyens entourant nos terrains d'aviation hâtivement construits.

Alors que l'année 1945 commençait, et avec une pénurie de P-38, en raison des pertes, une décision a été prise par les quartiers généraux supérieurs de rééquiper le groupe avec des avions P-47 Thunderbolt. La transition a commencé avec des pilotes volant sur des P-38 en missions de combat et sur des P-47 en missions d'entraînement. Le 16 février, le 392nd Fighter Squadron a effectué la première mission de combat en P-47.

Alors que la guerre progressait, les P-47 étaient très occupés, menant notamment une patrouille de dix heures au-dessus du pont de Remagen. Les chefs d'équipe, infatigables, les armuriers, les réparateurs de tôle, les cuisiniers, le personnel de renseignement, l'officier météo, les chirurgiens, les commis et le personnel travaillaient comme une équipe bien soudée. Des permissions de repos et de récupération ont été accordées et certains ont été envoyés en permission aux États-Unis. Pour la deuxième fois, notre groupe a été cité dans un Ordre du Jour de l'Armée Belge.

Le 19 mars 1945, une mission spéciale avec des moyens considérables a été programmée pour détruire un château et un complexe près de Bad Nauheim, en Allemagne, abritant le quartier général de l'armée allemande pour tout le front ouest, le quartier général du maréchal Kesselring, qui avait récemment remplacé le maréchal Von Rundstedt. L'histoire rapporte que le ministre de la Production de Guerre d'Hitler, Albert Speer, s'y trouvait également.

L'attaque était prévue pour 13h30, l'heure à laquelle les officiers supérieurs et les commandants étaient censés déjeuner. L'attaque initiale devait être menée à très basse altitude par le Major Matheson, commandant 16 P-47 du 394th Fighter Squadron, chaque avion étant chargé de deux bombes de 1 000 livres avec des fusées à retardement. Ayant des difficultés à naviguer à basse altitude en raison d'un brouillard inattendu, le 394th n'a pas pu attaquer comme prévu. Heureusement, les difficultés du Major Matheson n'ont pas alerté les défenses du quartier général et le lieutenant Diefendorf, commandant 16 P-47 chargés de bombes de 1 000 livres avec des fusées à retardement, a pu surprendre le quartier général en menant son attaque de bombardement en piqué depuis 7 000 pieds. Les bombes du lieutenant Diefendorf ont fait un impact direct sur le château, mais les généraux allemands se sont échappés dans des bunkers souterrains profonds. Le maréchal Kesselring a cependant reçu une blessure au cuir chevelu à cause causé par un lustre qui est tombé. Le 394th a mené son attaque alors que le 392nd terminait la sienne.

Les 16 P-47 du 393rd FS, dirigés par le Major Slingerland, étaient chargés de napalm pour brûler tout ce qui restait. Les bombes et le napalm ont réduit le complexe militaire en ruines, causant de nombreuses victimes et perturbant les communications et le flux de renseignement à un moment critique où les Alliés traversaient le Rhin. Pour cette opération réussie, le 367th Fighter Group a reçu une feuille de chêne à sa Presidential Unit Citation.

Alors que nos forces terrestres traversaient le Rhin et s'enfonçaient plus profondément en Allemagne, les missions d'interdiction du 367th ont permis de détruire de nombreux transports motorisés et ferroviaires, chars et approvisionnements. Nous avons été félicités par le général commandant du XIIe Corps pour notre soutien aérien rapproché de ses divisions. De plus, notre excellente équipe de basket-ball est allée jusqu'en finale de la Neuvième Force Aérienne, mais a perdu le championnat lors d'un match serré.

Le 10 avril, le groupe s'est déplacé vers un terrain d'aviation situé au nord-ouest de Francfort, en Allemagne. La vie ici était assez différente. Les corvées étaient effectuées par des personnes déplacées et les officiers ont rendu leur équipement de campagne et se sont installés dans deux hôtels de la ville voisine de Bad Soden.

Cependant, la guerre n'était pas encore terminée. À la mi-avril, le groupe a détruit 70 appareils ennemis. Nombre de nos missions consistait à fournir une couverture aérienne continue aux divisions blindées américaines en progression. À un moment donné, le général commandant de la 11e Division Blindée, le général Dager, s'est rendu sur notre base pour serrer personnellement la main de chaque pilote ayant participé à une mission la veille qui avait sauvé l'une de ses colonnes blindées du désastre. Le 367e avait mis en déroute une division Panzer allemande, détruisant de nombreux chars.

À cette époque, le général Weyland a remis à des membres du groupe deux Silver Star, deux Purple Heart, cinq DFC et 17 Bronze Star. Notre dernière mission de combat a été effectuée le 8 mai. Toutes les hostilités ont cessé le 9 mai, jour de la Victoire en Europe, exactement un an après que le groupe soit devenu opérationnel.

Quelques vols locaux ont continué et, le 4 juin, le 367th mena une longue file de la Neuvième Force Aérienne lors d'un défilé aérien pour une revue devant le général Weyland. À ce moment-là, le système de points était en vigueur et certains membres du personnel rentraient aux États-Unis. Le 1er juillet, il a été annoncé que le 367th devait se rendre en Extrême-Orient. Seuls quatre des 15 groupes de chasseurs de la Neuvième Force Aérienne ont été sélectionnés pour ce redéploiement, montrant le respect que le 367th avait acquis. Le déplacement devait se faire par le canal de Panama et directement aux Philippines, où le groupe serait rééquipé de P-47N dans la perspective de l'invasion du Japon.

Le groupe s'est déplacé au Camp Detroit en France et, après un mois, s'est rendu dans une zone de transit près de Marseille. Là, le groupe a été divisé et chargé sur deux navires, l'USS General Morton et l'USS John Ericcson. À peu près à cette époque, la Vingtième Force Aérienne a largué les deux bombes atomiques et le Japon s'est rendu. Le Morton a été détourné vers Newport News, en Virginie, et le John Ericcson a navigué vers Staten Island, à New York. Les quelques membres du personnel restants dans le groupe après les permissions, les transferts et les démobilisations se sont réassemblés à Seymour Johnson Field, en Caroline du Nord, le 2 novembre. Le 7 novembre 1945, le 367th a été retiré du service.

Le 367th avait participé à sept campagnes européennes, accumulant une liste impressionnante de statistiques. Les pilotes avaient effectué 14 175 sorties de combat, détruisant 432 appareils ennemis, en détruisant probablement 28 autres et en endommageant 344. Ils avaient détruit ou gravement endommagé 384 locomotives, 4 672 véhicules motorisés et 8 288 wagons de chemin de fer. Mais l'importance ne réside pas dans les statistiques, mais dans l'effet que ces sorties de combat ont eu sur l'issue de la guerre. Les escortes de bombardiers du groupe, les attaques sur les aérodromes ennemis et la destruction des appareils ennemis en combat aérien ont grandement contribué à l'obtention de la supériorité aérienne sur l'Europe, au point que les forces allemandes ne pouvaient se déplacer qu'à la nuit tombée ou par mauvais temps, de peur d'attaques dévastatrices venues du ciel, tandis que les forces alliées pouvaient se déplacer en toute impunité.

Les attaques du groupe sur les ponts et les lignes de communication ennemies ont empêché ou retardé de manière significative l'armée allemande de déplacer des troupes et des approvisionnements pour contrer les avancées alliées. Le groupe a ouvert la voie aux attaques de nos propres unités terrestres en agissant comme des yeux pour voir ce qui se trouvait devant elles et en détruisant les forces opposées. Et le 367th a frappé au cœur même de la Wehrmacht allemande en détruisant le quartier général du " Commander in Chief " West à un moment critique pendant la traversée du Rhin par les Alliés. Le 367th Fighter Group a grandement contribué à la défaite de l'Allemagne hitlérienne.

Pour leurs accomplissements, le groupe a reçu deux Presidential Unit Citations, deux Citations de l'Ordre du Jour de l'Armée Belge et de nombreuses lettres de félicitations. Ces récompenses de reconnaissance étaient le résultat des efforts professionnels et dévoués de tout le personnel du groupe, pilotes et personnel au sol, officiers et hommes de troupe.

Les réalisations de notre groupe, comme dans tout conflit armé, sont éclipsées par les inévitables pertes qui surviennent. Nous avons perdu 92 camarades très proches et très personnels. Certains reposent dans des lieux de repos définitifs sur des sols étrangers et d'autres, portés disparus au combat, sont à jamais inscrits sur les Tables des Disparus dans les cimetières américains outre-mer.

Et donc, nous sommes ici aujourd'hui, quelque 45 ans plus tard, pour honorer les hommes du 367th Fighter Group - non seulement ceux qui ont donné leur vie pendant la guerre, mais aussi ceux qui sont morts depuis et ceux qui n'ont pas encore fait leur dernier vol. Nous rendons hommage aux officiers et aux hommes de troupe, aux pilotes et au personnel au sol, qui ont tous joué un rôle important dans la victoire en Europe.

Dans le Pentagone, en montant les larges escaliers qui mènent aux bureaux du Secrétaire et du Chef d'État-Major de l'Armée de l'Air, il y a un grand mur de 20 pieds de large montrant une grande force de B-17 et de B-24 traçant des traînées de condensation alors qu'ils pénètrent profondément en territoire ennemi escortés par des chasseurs. L'inscription, tirée de la Bible, dit : " Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? Alors je dis : Me voici, envoie-moi. " Lorsque leur pays avait le plus besoin d'eux, les hommes du 367th Fighter Group ont dit : " Envoyez-moi, envoyez-moi. "

LA PRESSE EN PARLE

Ouest-France - 6 et 7 août 1994.
Hommage à Walter S. Pyron.


 

Le Courrier de l'Ouest - 6 et 7 août 1994.
L'exposition hommage à Walter S. Pyron.


 

Le Courrier de l'Ouest - 30 et 31 juillet 1994.
Article paru pour les 50 ans de la disparition de Walter S. Pyron.


 

Ouest-France - 12 mai 1987.
Hommage à Walter Pyron.


 

Le Courrier de l'Ouest - Mardi 12 mai -  juin 1987.
Inauguration de la rue Walter D. Pyron.

[A noter qu'en 1987, on évoquait Walter D. Pyron alors qu'il s'agissait de Walter S. Pyron - L'erreur a été corrigée plus tard sur le panneau de la rue]. 


 

La Gazette du Layon - juin 1987.
Commémoration de la chute de Walter Pyron et inauguration d'une rue à son nom.

[A noter qu'en 1987, on évoquait Walter D. Pyron alors qu'il s'agissait de Walter S. Pyron - L'erreur a été corrigée plus tard sur le panneau de la rue]. 

ANNEXES

Missing Air Crew Report (MACR) n° 7792
(source US National Atchives)
Dans ce document, nous découvrons le témoignage du 2nd Lt Milton D. Grosse, témoin du crash de Walter Pyron. 


page 1


page 2


page 3


page 4

Discours d'hommage au 367th Fighter Group, par le Group Commander Edwin S. Chickering, Dayton, 30 juillet 1988.
(source : archives Gérard Cerizier)

Rapport d'opération du 393rd Fighter Squadron pour le 4 aoît 1944.
(source : archives Gérard Cerizier)

Ce document confirme les détails de la mission (15 avions au décollage, 2 avions qui reviennent sur ennuis mécaniques, le crash au décollage du Lt Northrop, et bien sûr la perte de Walter S. Pyron).

Document d'archives (Opflash) du 393rd Fighter Squadron pour 4 août 1944.
(source : archives Gérard Cerizier)

Ce document nous donne les grandes caractéristiques de la mission :
- 15 avions envoyés, 2 qui ont abandonné
- cible : dépôt de carburant à Angers
- décollage à 11h du terrain 14 [A-14 à Cretteville] pour une arrivée sur cible prévue à 11h40 et un retour à 13h10.
- perte du Lt Pyron
- attaque en piqué à partir de 10 000 pieds et bombes larguées à 3 000 pieds avec un angle de 60°.
- la cible fut détruite
- il est précisé que des attaques de véhicules en "strafing" furent opérées sur la route Nantes-Angers entre Saint-Jean (s'agit-il de Saint-Georges-sur-Loire ?) et Angers 


 

Document d'archives déclassifié du 393rd Fighter Squadron pour le mois d'août 1944.
(source : archives Gérard Cerizier)

Ce document confirme la perte du 2nd Lt Pyron ainsi que celle du 1st Lt Northrop, ce dernier ayant été tué lors de son parachutage suite à des ennuis de moteur.

Extrait du document " Combat Squadrons of the Air Force - World War Two ".
(Edité par Maurer Maurer - Albert F. Simpson Historical Research Center and Office of Air Force History - Headquarters USAF 1982)

Ce document confirme la présence du 393rd Squadron sur le terrain avancé de Cretteville du 27 juillet au 15 août 1944, terrain d'où est parti Walter Pyron le 4 août 1944.

Carte d'enregistrement militaire (effectué par Walter Pyron le 30 juin 1942 à Dallas).
(sorce Fold 3 - Ancestry)

 

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