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29 janvier 1943

Handley Page Halifax Mk II (HR662 - code EQ-H)
Cléguer, "Restanscouezec"

(contributeurs : Roland Bohn, Jonathan Ives, Daniel Dahiot, Philippe Dufrasne, René-Luc Aubry, Commonwealth War Graves Commission, Memorial Gen Web 56)


Handley Page Halifax Mk II
Photo : © Imperial War Museum IWM CH 11328

Equipage (No. 408 Squadron RCAF)
Les sept membres de l'équipage sont enterrés au cimetière communal de Guidel
Badge no 408 squadron rcaf

 

- Pilot Officer (pilot) Theunis Christoffel ROUX, 29 ans, matricule 80412.
Fils de Jacobus Francois et Elisabeth Maria Roux, de Fort Victoria, Rhodésie du Sud.  Tombe 1, allée 3


Photo source inconnue - Il n'est pas confirmé qu'il s'agit du Pilot Officer Roux

- Pilot Officer (mitrailleur) Rowland George BRINKWORTH, 28 ans, matricule 132736.
Fils de Thomas Collier Brinkworth et Grace Mary Brinkworth. Tombe 10, allée 3

Photo source inconnue

- Flying Officer (navigateur) Edwin PAYLING, 33 ans, matricule 126015.
Fils de William et Hetty Payling, marié à Phyllis Emily Payling, Surbiton, Surrey, UK. Tombe 6, allée 3

Photo source inconnue


- Sergeant (navigateur - bombardier) Joseph ROSTRON, 30 ans, matricule 1029458.
Fils de Joseph et Violet Rostron, Salford, comté de Lancashire, UK, marié à Bessie Rostron, Seedley, banlieue de Salford.
Tombe 11, allée 3

- Sergeant (mitrailleur) James Dick ADAM, 26 ans, matricule 655432, né le 12 mai 1916 dans le Lanarkshire en Ecosse.
Fils de Robert Dick et Agnes N. Adam, marié à Isabella Morton Adam, Edinburgh, UK.Tombe 5, allée 3
Photo © Colin Frodsham


Photo © Margaret Silvester

- Sergeant (opérateur radio - mitrailleur) William Kenneth BARTON, matricule 1177728. Tombe 9, allée 3


Photos © Mike Barton

- Sergeant (mécanicien) Francis Anthony CAVADINO, 19 ans, matricule 573801. 
Fils de Alexander Joseph et Mary Anne Cavadino, Kettering, comté de Northamptonshire, UK. Tombe 7, allée 3

Photo © Nicolas Hoshino

Photo © Martin Carrack - Findagrave.com

L'HISTOIRE

Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1943, vingt-deux Halifax des no 408 et 419 Squadrons sont rejoints par 40 Vickers Wellington des no 420, 424, 425, 426, et 427 Squadrons pour diriger une attaque contre les infrastructures portuaires de Lorient. Il est prévu de larguer sur la cible des bombes explosives ainsi que des bombes incendiaires d’une altitude située entre 11,000 et 19,000 pieds. La « Flak » est importante et selon les rapports, le temps est vraiment mauvais. Beaucoup d’appareils ont des problèmes mécaniques, notamment en raison d’un givrage important. Treize de ces appareils larguent 17 tonnes de bombes (11 670 de 4lb incendiaires et 240 de 4 lb de type X). Le Halifax HR662, portant le code « EQ-H » ne rentra pas de cette mission ; ce fut le premier Halifax du no 408 Squadron perdu lors d’une opération. Après le crash, une partie du carnet de vol aurait été retrouvée derrière la maison de Joseph Hémono.

Un extrait du Journal de Guerre du Commandement Allemand des Opérations Navales 1939-1945 (Partie A, Volume 41) de janvier 1943 indique :
" 28.1.43
Malgré une météo défavorable, une nouvelle attaque aérienne ennemie a eu lieu sur Lorient de 20h10 à 21h37. Sur la base sous-marine plusieurs centaines de bombes incendiaires et une seule bombe à fragmentation sont tombées, une bombe sur le bunker de Kéroman; un coup au but sur la position anti-aérienne du 2./807 (note : 2ème Batterie du Marine-Flak-Abteilung 807 - positionnée dans le secteur de Riantec). Les pertes en personnel sont limitées.
"



Extraits de l'Operational Record Book relatif à la mission du Halifax HR662

VISITE SUR LE SITE DU CRASH
par René-Luc Aubry

A la fin du mois de février 2021, Madame Chantal Guignen, demeurant à Cleguer dans le Morbihan, au nord de Lorient, contacta notre association l'ABSA 39-45. Dans la nuit du 29 janvier 1943, un Handley Page Halifax fut abattu près du village de son enfance, au Cosquerquelen sur la commune de Cleguer. Chantal Guignen souhaitait savoir si nous disposions de plus d’informations sur les aviateurs qui périrent ce jour-là. Elle précisa par ailleurs qu’un de ses frères, Bernard Le Scouarnec, connaissait avec précision l'emplacement du crash. Le dossier était connu de l’ABSA 39-45 ; tous les hommes à bord du Halifax HR662 (code EQ-H) sont morts dans le crash. Ils sont enterrés au cimetière de Guidel.
Le Pilot Officer ROUX (un Rhodésien de Fort Victoria) avait 23 missions à son actif, le Sergent CAVADINO 1 mission et tous les autres 2 missions. Ils appartenaient au 408e Escadron « Goose » de l'Aviation Royale du Canada (RCAF), basé en Grande-Bretagne et sous le commandement opérationnel de la RAF. Cet escadron opérait dans le cadre de la force principale du Bomber Command du 24 juin 1941 jusqu'à la fin de la guerre. Il commença ses opérations équipé du Handley Page Hampden, avant de passer au Handley Page Halifax, propulsé par des moteurs Merlin, en septembre 1942. Après un peu plus d'un an, ceux-ci furent remplacés par des Lancaster II en octobre 1943, puis par des Halifax III et VII propulsés par des moteurs Hercules. À la fin de la guerre en Europe, l'escadron se convertit au Lancaster B Mk.X de construction canadienne et, en juin 1945, il ramèna ses avions au Canada en prévision de l'invasion prévue du Japon. L'unité fut finalement dissoute en raison de la capitulation japonaise.


Chantal Guignen, René-Luc Aubry et Christine Le Meur sur le site du crash - Photo © ABSA 39-45

Quelques temps après le message de Mme Guignen, un déplacement sur les lieux fut organisé et le 2 juillet 2021, nous nous rendâmes sur les lieux du crash, Benoît Paquet, Daniel Dahiot et moi-même. Il s’agissait de ma première expérience de ce type. J’avoue avoir ressenti une certaine excitation, emprunte dans le même temps d’une grande émotion. Parvenus sur les lieux, nous fûmes reçus très chaleureusement par Mme Chantal Guignen, son frère M. Bernard Le Scouarnec et Mme Christine Le Meur. Très sensibles à l’intérêt porté à l’histoire des aviateurs, aux recherches effectuées et au devoir de mémoire, leur grande considération à l’égard de l’ABSA 39-45 fut manifeste. Rapidement, nous en vînmes aux faits et sans plus attendre, nous fûmes conduits vers le lieu précis du crash. Dans la soirée du 29 janvier 1943, l’appareil en perdition passa juste au-dessus des habitations, heureusement sans les percuter, avant de s’immobiliser dans le champ situé juste derrière le bâtiment. L’avion toucha rapidement le sol après avoir rasé les maisons et glissa jusqu’à l’orée d’un petit bois situé à environ 300 mètres. A l’époque, un moteur, qui s’était probablement détaché, avait été retrouvé plus près, à 100 mètres des habitations. 


L’endroit où s’est crashé l’avion à l’orée d’un petit bois (flèche rouge) et où tomba un moteur (flèche verte) - Photo © ABSA 39-45

Sur le lieu du crash, Daniel Dahiot, équipé d'un détecteur, entreprit une reconnaissance de la zone. Si l’appareil indiqua à quelques endroits la présence de petits morceaux de métaux, le terrain était trop dur et caillouteux pour qu’il soit possible de creuser en profondeur. Rien ne fut donc découvert ce jour-là ; nul doute que le terrain avait été rapidement nettoyé à l’époque des faits. Selon Mme Le Meur, une photo aérienne prise plus tard, laissait apparaitre l’empreinte du crash de l’avion dans le champ. Le cliché démontrait que le Halifax avait sans doute dérapé avant de s’immobiliser complètement, son aile droite étant alors orientée vers le bois. C’est dans ce bois que Bernard Le Scouarnec nous précise avoir découvert en 2002, provenant sans nul doute du bombardier, et quasi intact, un extincteur. Il l’a remis au musée de la résistance à Saint-Marcel en Malestroit (56).


Daniel Dahiot détecte et René - Luc Aubry creuse ; un vrai travail d’équipe ! - Photo © ABSA 39-45

Entré en collision avec un chasseur allemand, abattu en vol, touché par la défense anti-aérienne (FlaK), les circonstances réelles de la catastrophe restent encore aujourd’hui très floues. Ce que nous savons en revanche, c’est que l’appareil n’est pas tombé à la verticale. Il n’a pas été détruit totalement en plein vol et le pilote a sans doute tenté jusqu’au dernier moment de poser l’avion en perdition. A-t-il tout fait pour éviter la maison ?


Daniel Dahiot, René - Luc Aubry et Bernard Le Scouarnec devant la maison qui fut survolée au ras du toit par le Halifax
qui se crasha ensuite dans le champ derrière la maison - Photo © ABSA 39-45

Combien parmi l’équipage étaient encore vivants avant de périr carbonisés dans la carlingue en feu ? Il n’en fallait pas moins pour lancer l’équipe de l’ABSA 39-45 dans des recherches approfondies ; nous vous tiendrons bien entendu informés des résultats de nos investigations. Sur le chemin du retour, mes pensées allèrent vers ces combattants, mais aussi vers les habitants car beaucoup périrent à l’occasion de ces raids. Le risque était grand d’habiter à côté de sites sensibles. Si l’enquête de l’ABSA 39-45 doit se poursuivre, ce déplacement a cependant permis d’apporter un premier éclairage sur le crash. Cela a été rendu possible grâce à l’indéniable intérêt porté à nos recherches par Mme Chantal Guignen, son frère M. Bernard Le Scouarnec et Mme Le Meur, qui nous ont si gentiment accueillis et que nous ne manquerons pas de tenir au courant de la moindre avancée sur le sujet.

IN MEMORIAM

Au cimetière de Guidel, dans le carré des tombes de guerre du Commonwealth


Extrait d’un registre manuscrit un peu sommaire du cimetière de Guidel établi par les allemands.
On y retrouve les noms de quelques membres d’équipage du Halifax tombé à Cléguer.


Photo ABSA 39-45


P/O Theunis Christoffel ROUX, tombe 1, allée 3 - Photo ABSA 39-45



P/O
 Rowland George BRINKWORTH, tombe 10, allée 3 - 
Photo ABSA 39-45


F/O
 Edwin PAYLING, tombe 6, allée 3 - 
Photo ABSA 39-45


Sgt Joseph ROSTRON
, tombe 11, allée 3 - Photo ABSA 39-45


Sgt James Dick ADAM
, tombe 5, allée 3 - 
Photo ABSA 39-45


Sgt
 William Kenneth BARTON, tombe 9, allée 3 - 
Photo ABSA 39-45


Sgt Francis Anthony CAVADINO
, tombe 7, allée 3
 - 
Photo ABSA 39-45

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