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3 mai 1940

CAUDRON C635 "Simoun" (code T-205)
lieu-dit "Bel-Air" - Trébry (22)

Caudron c 635 simoun 1
Profil de la revue AVIA editions-Document air N°5 - Modèle similaire à celui tombé à Bel Air
Remerciements à Monsieur MIHALY pour son autorisation de publier le profil du CAUDRON

Le dimanche 3 mai 1940. Mont de Bel Air. Altitude 339 mt. Accident aérien au ''Champ de Ronfin''. Ce dimanche 3 mai 1940, sur l'aérodrome de Rennes St Jacques, le lieutenant Colonel Georges Fauvel, 50 ans, se prépare à sa mission qui doit le conduire sur la base aérienne de Lanvéoc dans le Finistère sud. En effet, il s'y rend pour une enquête. Il sera accompagné dans cette démarche par le Lieutenant André Sarran âgé de 38 ans. Ils appartiennent tous deux à la base aérienne de Rennes, bataillon de l'air 118. Le Lieutenant Colonel Fauvel à commandé la base aérienne de Tours, Indre et Loire, en 1939. L'appareil qu'il va piloter est un monomoteur Caudron C.635 Simoun. Cet avion porte le numéro 75. Il est doté d'un moteur Renault de 220 CV dont le numéro est le 6009 N°192. Il vient de recevoir un bulletin d'information sur la météorologie pour la région Bretagne. Le temps annoncé s’avère brumeux parfois par endroit, assez dense au sol et le vent de nord/nord-est est de 12 à 15 km/h. En altitude le vent est de 25 à 55 km/h avec dans le ciel des bancs d'altocumulus qui se transformerons en fin de matinée en cumulus. Ce qui signifie que le vol est possible car les conditions météorologiques devraient s'améliorer rapidement, sachant que la visibilité annoncée est de 4 à 10 kilomètres se réduisant par endroit à 1 à 2 km passagèrement.

Caudron c 635 simoun 2

Le Caudron C.635 Simoun décolle à 9 heures 10 de l'aérodrome de Rennes St Jacques avec à son bord les deux officiers. Le vol au début se déroule sans problème, quand arrivé prés du Mont de Bel Air entre Collinée et Moncontour, l'avion entre dans une couche brumeuse épaisse. Monsieur Presse agriculteur au village de "Quiauton" mène ses chevaux tirant une charrette dans un champ près de la route menant à Collinée. Son fils est venu l'aider dans son travail. Le champ où ils travaillent appartient à monsieur Lucien Roux et s'appelle ''La lande de Raymond''. Ils entendent soudain un bruit de moteur d'avion mais ne le distingue pas encore vu la couverture brumeuse. Cet avion semble s'éloigner mais ils se rendent compte qu'il tourne. Ils perçoivent le bruit qui se rapproche d'eux. Puis un grand fracas se fait entendre. Ils voient à cet instant l'avion percuter la cime des arbres du champ d’à côté puis le voient s'écraser dans un vacarme terrible. Il est 10 heures 30 . L'avion a parcouru 70 kms. Le choc est extrêmement violent. Aussitôt ils se dirigent vers l'avion. Il perçoivent les appels des aviateurs. Monsieur Jean Morin a aussi vu la scène. Il se dirige rapidement vers le lieu ou gît l'avion tout disloqué. Avec Monsieur Presse, ils organisent les premiers secours aux aviateurs blessés. Le témoignage de Monsieur Morin est enregistré vers 11 heures 30 ce même jour par les gendarmes. Il précise : Morin Jean, 50 ans, cultivateur à Bel Air. Ce matin vers 10 h 30, j'ai vu un avion volant à basse altitude venant de la direction de Collinée qui visiblement cherchait à atterrir, puis aussitôt je l'ai vu raser le sol. Il avait ensuite fait un demi tour, quand il a heurté avec son plan gauche, percutant le sol avec son hélice et le moteur qui se sont arraché du reste de l'appareil. Je me suis aussitôt porté sur les lieux ou les deux occupants avaient été projetés hors de l'appareil. Aidé de Monsieur Presse, qui lui aussi était arrivé rapidement, nous avons dégagé d'abord le Lieutenant Colonel, lui enlevant son parachute. Ayant fait transporter de la paille, nous lui avons réalisé une couche sur laquelle nous l'avons étendu car il paraissait grièvement blessé. Nous nous sommes ensuite empressés auprès du Lieutenant. Nous lui avons ôté son parachute et l'avons placé le mieux possible sur la couche de paille prés de l'autre aviateur.

Caudron c 635 simoun 4
Caudron c 635 simoun 3
Lieu de chute du Caudron? aujourd'hui

L'aéronef venait du sud volant à environ 50 mètres d'altitude. Le vent venait du nord mais il y avait du brouillard, épais par endroit. L’avion à tourné sur sa gauche pour atterrir dans le sens inverse de sa marche. Le vol paraissait normal et le moteur tournait sans problème. Monsieur Alain Geffray, de Trébry, a collecté des témoignages et des souvenirs sur cet événement, ce qui a permis d'orienter la recherche et de finaliser ce triste événement. Dans ces témoignages apparaissent que les témoins organisèrent rapidement les secours. Ils réalisèrent rapidement deux civières de fortune. Ils conduisirent les blessés vers le sommet du Mont Bel Air, au café des époux Rault Philomène et Jean Baptiste. Le docteur Sagorin, de Moncontour, se rendit rapidement chez eux et organisa le transfert vers l'hôpital de Saint Brieuc. Le lieutenant colonel Fauvel décédera de ses blessures le jour même à l'hôpital mixte de Saint Brieuc. Le Lieutenant André Sarran, blessé grièvement dans l'accident, survivra au crash.Les jours suivant la population se rendit sur les lieux. Il est bien précisé que les Allemands n'occupaient pas encore la région. Ils arriverons un mois plus tard et organiserons une station radio, où, en 1942, ils élèverons plusieurs pylônes métalliques et des ferronniers de la région seront mis en demeure de travailler sur ordre de l'occupant. Dans plusieurs témoignages on note la qualité des baraquements préfabriqués que les Allemands avaient installé sur la face sud du Mont. On retrouve aussi que l'avion était de couleur grise et portait sur son empennage les couleurs nationales. La rumeur circula dans les jours suivants que les aviateurs n'avaient pas survécu à cet accident. Voilà plus de deux ans que j'ai commencé cette recherche. J'étais tout d'abord parti sur l'idée de la chute d'un avion Anglais en 1944, dont le pilote était le Lieutenant Thomas Fargher. Il s'est avéré que cette hypothèse ne tenait pas, ensuite nous allions sur toute les époques de la guerre avec un avion de différentes nationalités. On parlait de combat aérien puis d'autres personnes disaient que cet avion avait brûlé. Cette synthèse récente nous a orienté vers cet avion Caudron victime du brouillard.

Remerciements pour l'aide apportée dans cette recherche à Monsieur et Madame Corbel, à Monsieur Sagory Emmanuel, à madame Mahé, Monsieur Marcel Ruffay, Monsieur Arséne Oger, Monsieur André Robin, Monsieur Hervé. Je tiens tout spécialement à remercier Monsieur Alain Geffray pour ses recherches et son recueil de données. Merci également au personnel de la mairie de Trébry.
Identification du crash, François-Xavier Bibert. Rapport d'accident Daniel Gilberti & Lionel Persyn.

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